Historique du Parc National de Diawling

Un territoire au passé riche

Jusque dans les années 60, les zones humides du bas delta du fleuve Sénégal étaient reconnues parmi les plus étendues et les plus riches de l’Afrique de l’Ouest. Ces zones, siège d’une alternance entre eau douce de la crue du fleuve et eaux marines, favorisaient le développement d’une diversité botanique riche. Ces zones servaient également de frayère pour les poissons qui quittaient le fleuve pour se reproduire dans les plaines inondées et constituaient d’importants sites de nidification pour de nombreux oiseaux piscivores.

Ainsi, les systèmes traditionnels d’exploitation mis en œuvre grâce aux services et aux biens fournis par les écosystèmes du bas delta ont fortement contribué à la subsistance de milliers de personnes qui dépendaient alors étroitement et presque exclusivement de l’utilisation des ressources naturelles de ces écosystèmes.

Des écosystèmes dégradés

A partir des années 70, les écosystèmes ont été considérablement modifiés suite à d’importantes variations des conditions climatiques notamment la survenue de vagues de sécheresse. A ces variations climatiques sont venues s'ajouter les conséquences de la construction sur le fleuve Sénégal du barrage de Manantali au Mali, et du barrage de Diama (mis en eau en 1988) à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie ainsi que des digues de retenue d'eau de ce dernier qui ont totalement artificialisé et asséché l'ancienne zone d'inondation du fleuve en empêchant l'apport saisonnier en eau douce lors de la période des crues.

D'importants dysfonctionnements écologiques au sein de ces espaces ont alors rapidement été observés.

  • Une remontée de la nappe souterraine salée due à la pression exercée par la retenue d'eau du barrage de Diama rend progressivement les sols hyper salés.
  • Les arbres et les plantes dépérissent et les animaux désertent petit à petit la zone par manque de nourriture.
  • Les populations locales perdent leurs pâturages et les plantes entrant dans les processus de fabrication de l’artisanat traditionnelle.
  • La disparition de l'eau conduit à celle des poissons et donc à celle des activités de pêche traditionnelle.
  • Des familles entières quittent la zone et d'autres voient leurs maris ou leurs fils émigrer vers les sites urbains à la recherche de revenus. Les villages vivent misérablement et beaucoup sont ceux qui ne comptent plus que des femmes, des enfants et quelques vieillards.

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